Echos de l'usine au 5 mai 2020

Son idéal ? Une main d’œuvre à flux tendu.

En novembre, la direction prenait des mesures pour s’adapter à une réduction de l’activité sur décembre et janvier. L’affaire semblait à ce point grave qu’elle avait même effectué une demande de chômage partiel pour six mois.

Pour nous, cela s’est traduit par l’obligation de poser des jours d’ARTT pour les uns, par la mise en chômage partiel avec perte de salaire pour les autres.

En mars, rebelote. Cette fois, sous prétexte d’anticiper la sortie de l’épidémie de COVID, la direction nous imposait de poser 4 jours de CP, quitte à anticiper sur ceux à venir et de poser des jours d’ARTT.

Qu’il y ait du travail en plus ou en moins, chaque fois qu’elle pense le pouvoir, la direction essaie de prendre le contrôle soit de nos congés, soit de nos RTT. Et si au passage, elle peut nous imposer du chômage, elle fera feu de tout bois.

Elle veut tout et sans rien payer, encore !

Rappelons-nous : il y a un an, lors de la discussion sur l’aménagement du temps de travail et de nos nouveaux horaires, la direction avait mis à l’ordre du jour des discussions, la réduction de nos jours de RTT, l’augmentation de notre amplitude de travail, la réduction de nos pauses, entre autres...

Comme quoi, en nous imposant nos CP, nos RTT et du chômage, elle ne fait que mettre en pratique ce qu’elle espère faire depuis longtemps.

À nous de lui montrer qu’elle n’est pas la seule à avoir de la suite dans les idées.

Notre santé avant tout.

Autour de nous, dans l’usine, nous avons au moins trois collègues qui sont soupçonnés d’avoir contracté le COVID.

En l’absence de tests efficaces, nous en restons aux soupçons, ce qui permet à la direction de ne pas mettre en place des mesures telles que la mise en quatorzaine.

Alors soupçon ou non, toutes les mesures doivent être prises pour préserver notre santé et tant pis pour la prod si ça se traduit par un manque de personnel.

Alors ? qui qui peut ?

Que ce soit pour rattraper des retards de production ou qu’il y ait des commandes supplémentaires, la direction aurait du mal à trouver des solutions.

Elle peut toujours compter sur les intérimaires, surtout qu’au fil des années, il y en a un certain nombre déjà formés sur la plupart des postes. Là où le bât blesse, c’est sur les postes un peu complexes. Manque de bol, c’est précisément sur ces postes que les salariés manquent à l’appel. Avec le corona, ils sont en arrêt de travail ; Résultat, il n’y a plus personne pour prendre en charge d’éventuels intérimaires ou qui que ce soit.

Inutile de dire que ce n’est pas du côté de l’encadrement qu’on va trouver ces compétences qu’ils refusent de nous reconnaître en temps normal.

Echos de l'usine au 6 avril 2020

Devant le Covid, nous ne sommes pas tous égaux.

Parmi les travailleurs de l’ombre, il y a le personnel de ménage. Face au covid 19, ils sont, on peut le dire, les plus exposés, ils récurent comme jamais, désinfectent les poignées de portes, nos tables, nos toilettes pour qu’on soit le plus en sécurité possible.

Pourtant tout comme certains d’entre nous, ils auraient pu vouloir rester chez eux confinés pour s’occuper de leurs enfants.

Ils ne l’ont pas fait parce personne n’était prévu pour les remplacer, que le travail aurait été soit exécuté par ceux auxquels on ne laisse pas le choix soit par peur que tout soit laissé en plan et que ce soit au final du travail en plus.

Télétravail.

Du côté des télétravailleurs apparemment, tout va bien. Ce qui est positif, pour ceux qui ont des enfants, c’est que souvent c’est un moment de redécouverte, et de complicité. Parfois on découvre ce qu’est le boulot des profs qu’on critique souvent trop facilement.

En tout cas c’est ce que certains disent et ils ont bien raison de rendre positif ce moment plutôt contraignant.

Ce qui l’est moins, c’est qu’on ne se voit plus au travail, qu’on est plus isolé, et que le téléphone ne remplace pas les relations de tous les jours.

Ils ne perdent pas le nord.

Chaque année, lorsque nous discutons de la prise de nos congés, on voit bien que la direction bute sur le mois de mai. Il y a toujours trop de jours fériés pour elle d’autant que c’est le dernier mois où nous pouvons solder nos congés. Alors, oui, le mois de mai est considéré comme un bon mois pour nous et un plus mauvais pour les patrons.

Cette année, la belle aubaine, sous prétexte de Coronavirus, le gouvernement leur a donné le permis de faire ce qu’ils veulent. Ils disposent de 6 jours de nos CP et peuvent nous prendre ce qu’ils veulent en RTT, jours de repos avec un délai d’1 jour pour nous l’imposer.

Le patriotisme vu par les patrons, c’est d’abord les servir eux !

Les affaires ne s’arrêtent jamais.

Alors que le corona tue, ferme les usines, provoque le confinement, jette des dizaines de millions de travailleurs au chômage (10millions pour les seuls USA), Kyocera continue sa petite OPA pour récupérer les presque 30% d’actions d’AVX qui leur manquaient.

Ils ont l’air des plus satisfait de l’opération, il faut dire que de 15 ou 16 dollars, elles sont actuellement à 24, à moins que ça n’ait déjà changé.

Ce que nous dit le corona.

AVX communique sur les mesures à prendre pour lutter contre le corona, comme se laver les mains, se confiner le cas échéant, même si on n’est pas payé d’ailleurs, et le bouquet, c’est sur la méfiance affichée envers les pays à forte contamination.

Sans nous rappeler que le pays le plus à risque est aussi le plus riche de la planète, celui qui a l’armée la plus puissante, qui a soit disant acheté les meilleurs cerveaux de la planète. Mais pour faire quoi ? En tout cas, pas pour permettre à la majorité de se soigner.

Alors oui, le fric dans les mains des riches, c’est aussi inutile que de tenter d’apprendre à jouer du violon à un manchot.