Au 5 mai 2020

La « première ligne » déguste… et pas seulement des effets du virus.

Une enquête menée par la CGT auprès de ses syndicats de la santé révèle que près de 12 000 membres du personnels de santé ont été infectées par le Covid 19 fin avril, un taux onze fois supérieur à celui de la population en général, et quatre fois plus important que trois semaines plus tôt.

Mais, plus significatif et plus révoltant, des personnes infectées ont dû venir travailler sous la pression de leurs directions. D’autres étaient incités à retravailler au bout de cinq jours d’arrêt, à peine guéris. Et 83 % des personnels interrogés ont déclaré manquer de matériel de protection individuelle.

Des chiffres qui illustrent les conséquences des pénuries criantes de personnel et de moyens dans la santé. Un bilan accablant de la politique des gouvernements successifs.

Télétravail = (télé)exploitation

Une enquête menée par l’Union des ingénieurs, cadres et techniciens de la CGT indique à quel point le basculement en télétravail se traduit par une dégradation des conditions de travail et de vie pour des centaines de milliers de salariés. Temps de travail en hausse, absence de définition de plages-horaires ou de droit à la déconnexion, isolement, pressions de toutes sortes : le travail à domicile ne supprime pas l’exploitation. Et bien souvent, il l’aggrave.

Hausse des prix : comment y faire face.

Si celui de l’essence diminue… un peu, les prix, notamment ceux des produits alimentaires, flambent à la faveur du confinement. Et ce alors que les revenus des travailleurs en chômage partiel et les autres ont diminué.

Pour y faire face, il faudra imposer l’indexation des salaires et le contrôle par les travailleurs et la population sur les prix.

Au 6 avril 2020

Port du masque : le gouvernement ne manque pas d’air !

Pour faire oublier la mystérieuse disparition des stocks de masques sanitaires, le gouvernement avait expliqué que le port du masque était inutile, voire nuisible, sa porte-parole disant même ne pas « savoir » comment l’utiliser. Aujourd’hui, le gouvernement prépare l’opinion à rendre son port obligatoire. Le ridicule dit-on ne tue pas. L’irresponsabilité des dirigeants oui.

Dividendes : la solidarité attendra.

Le ministre de l’économie Le Maire a à nouveau appelé les entreprises à « modérer » dividendes aux actionnaires.

Aucune entreprise faisant appel aux aides de l’État n’en versera, dit-il aujourd’hui. Quant aux autres, il les appelle à diminuer… d’au moins un tiers leurs versements de dividendes. Diable !

Total a déjà dit qu’il verserait ses dividendes, d’autres groupes comme Michelin, Bic, Veolia, Hermès, qu’ils les diminueraient… Mais tous rinceront leurs actionnaires…soit  cette année soit plus tard.

Ces capitalistes, assis sur des milliards qui permettraient de faire face à cette crise sanitaire, montrent qu’ils peuvent voir le monde couler, sans abandonner leur voracité aux gains.

Contre le virus : Castaner en chasse

A des journalistes lui demandant si les policiers avaient le droit de fouiller les sacs de courses, Castaner a répondu « S’ils ont le sentiment que la personne bluffe un peu, ruse, ils ont la possibilité de poursuivre les investigations ». Propos qui ont fait réagir des avocats car la fouille d’un sac s’apparente à une perquisition et ne peut avoir lieu que dans le cadre d’une enquête.

Castaner nous la joue façon cow-boy à la traque de pots de yaourt piégés ou de concombre explosif. Mais face aux patrons des entreprises qui ne produisent rien de vital et qui continuent de faire travailler leurs employés en leur faisant courir le risque d’être contaminés, c’est plutôt le style rantanplan, le toutou rampant des Dalton.

BTP : le gouvernement bétonne les profits des grandes entreprises.

Le gouvernement revient à la charge pour relancer l’activité des entreprises du BTP en éditant un « guide sanitaire ». Sous couvert de recommandations de santé, c’est un encouragement non voilé au patronat pour faire repartir les chantiers, un signe pour l’ensemble du patronat, et cela au mépris de la santé des travailleurs de ce secteur et de toute la société.

S’il y a urgence à fournir des logements, que l’on commence par réquisitionner tous ceux qui sont vides, sous le contrôle de la population !

Les assureurs se paient (aussi) de mots

Il n’est toujours pas question pour les richissimes assureurs de payer le moindre dommage lié au coranovirus. « Le secteur de l’assurance se mettrait en danger s’il payait un sinistre pour lequel personne n’a cotisé », ose dire le vice-président de la Fédération française de l’Assurance. Pour donner le change, le patron d’Axa évoque la constitution d’un futur « régime d’assurance pandémie » alimenté à moitié par l’État et à moitié par de futures cotisations des assurés.

En d’autres termes, celles-ci espèrent tirer de l’épidémie un nouveau magot. A coup sûr, ces assureurs ne manquent jamais d’assurances.

Au 6 avril 2020